J'ai toujours apprécié les nouvelles. Le récit est bref, centré sur un voire deux personnages charismatiques, complexes... Quelquefois, le zoom sur ces vies devient un zoom sur l'Histoire. C'est le cas dans "Le Mexicain", où Jack London nous dépeint le visage de la Révolution à travers un jeune homme énigmatique, Felipe Rivera.
En 1910, la dictature Diaz fait rage au Mexique, et l'impérialisme américain se fait sentir. Felipe effraie ses compères car il incarne la colère, la lutte acharnée... Il est une véritable figure révolutionnaire, convaincu et convaincant. Et lorsqu'il use de ses poings contre des gringos, c'est toujours pour son pays. Selon Felipe (et peut être selon London), les actes surpassent les mots pour leur efficacité dans les combats de classe.
Cette nouvelle de Jack London constitue une fenêtre sur le passé. Une intéressante postface - interview de deux militants au Comité actif de Soutien aux Peuples du Chapias en Lutte (CSPCL) - établit un lien avec le présent, c'est à dire avec la situation actuelle au Mexique. Tout laisse à penser que l'Histoire ne cesse de se répéter. Hier, la révolution de 1910, aujourd'hui, le mouvement zapatiste. Felipe est un personnage éternel; il a marqué et marquera l'Histoire, encore et toujours. De mon coté, je n'oublierai surement pas ce récit...
Ca chuchote...