Angus Powderhill est une bande dessinée parue il y a quelques années déjà (2001), par le biais des Humanoïdes Associés. C'est une maison d'édition que j'ai toujours appréciée (notamment pour m'avoir fait découvrir la BD de science-fiction - je pense surtout à toute la série des Meta-Barons).
Le récit relaté ici est intéressant: on pourrait essayer de le résumer en une phrase (le destin fait se rencontrer deux êtres aux histoires bien différentes mais qui sont promis à l'amour dans un futur incertain), pourtant c'est sans compter sur l'univers décrit au fil des cases, se révélant plus complexe qu'on ne l'aurait cru de prime abord. Les "âmes tordues" appartiennent aux créatures hors normes (entendez par là chimères, lutins en tous genres, géants...) ainsi qu'à ceux avec qui la nature n'a pas été clémente (comme l'héroïne qui n'a pas ses jambes) et qui sont destinés à amuser le reste du monde en tant que saltimbanques... Cela m'a tout de suite rappelé un album original sur la vie d'un homme-tronc, traitant d'un thème difficile: l'acceptation de la différence. Pour les intéressés, c'est le duo Bernard/Roca qui en est à l'origine, le titre étant "Jesus Betz". Mais je m'égare là car, dans Angus Powderhill, ce thème est présent sans toutefois être la ligne conductrice du récit. Il sert d'introduction à la situation que vivent les saltimbanques dans la vallée de Sarmen: leur liberté est désormais réduite car le dirigeant local les tient pour responsables de l'infirmité de son nouveau-né. Et c'est dans ce contexte que Poly (l'héroïne) est amenée à rencontrer son destin amoureux: Angus, un guerrier mystérieux possédant une résistance hors du commun semble être l'âme-soeur de la fillette (c'est une pierre magique qui l'a dit, pas moi!). Rien ne presse cependant, car beaucoup de choses les séparent et il va falloir du temps (+ quelques péripéties) avant que ces deux-là ne s'apprécient. Ce premier tome doit être vu comme un prologue, et nous invite d'emblée à lire la suite (ce que je m'empresserais surement de faire dans les jours qui viennent!) Voilà pour l'histoire.
Passons aux dessins: j'ai toujours adoré les univers colorés, aux teintes vives. Avec cette bande dessinée, j'ai été servie ! Beaucoup de chaleur se dégage des vignettes (du rouge et de l'orangé en majorité), et invitent à la fête. Normal me direz vous, nous sommes entourés de saltimbanques et ceux-ci ne se font pas prier pour mettre en scène un spectacle flamboyant. Bravo à Isabelle Cochet pour son travail. Le seul bémol que j'exprimerai ici concerne le trait. Trop empressé, trop nerveux pour moi... Trop marqué aussi (je pense surtout aux visages... J'ai trouvé qu'ils sont d'autant moins expressifs ainsi). Bref, je n'ai pas accroché au style de Brunschwig. Tant pis, ça ne m'empêchera pas d'emprunter le tome deux !
Ca chuchote...